Recyclage des écrans et moniteurs d'entreprise : ce qu'il faut savoir
Les écrans sont les équipements les plus encadrés d'un parc informatique : classés déchets dangereux, ils exigent un bordereau de suivi, une dépollution avant recyclage et des précautions de manutention. Voici comment organiser leur collecte, favoriser leur réemploi et obtenir les justificatifs attendus.

Pourquoi les écrans sont des déchets dangereux à part entière
Un écran d'ordinateur en fin de vie est un DEEE dangereux. La nomenclature des déchets le classe sous le code 16 02 13*, réservé aux équipements mis au rebut contenant des composants dangereux ; l'astérisque signale ce caractère dangereux. La raison tient à leur composition : les anciens écrans à tube cathodique contiennent du plomb dans le verre, les dalles LCD des premières générations sont rétroéclairées par des lampes au mercure, et les plastiques des coques renferment souvent des retardateurs de flamme bromés. Même un moniteur récent à rétroéclairage LED reste classé dans ce flux, car il contient des cartes électroniques et des condensateurs à traiter séparément.
Ce classement a des conséquences directes pour l'entreprise. Un écran ne peut ni rejoindre les déchets ordinaires ni être déposé en benne avec les métaux : le code de l'environnement interdit de mélanger les DEEE aux autres déchets et rend le détenteur responsable jusqu'à l'élimination finale. Chaque enlèvement doit s'accompagner d'un bordereau de suivi des déchets (BSD), dématérialisé sur la plateforme nationale Trackdéchets, et être consigné dans le registre chronologique des déchets. La directive européenne relative à ces déchets range d'ailleurs les écrans de plus de 100 cm² dans une catégorie de collecte dédiée, distincte des autres équipements informatiques.
Quels écrans sont concernés dans un parc d'entreprise ?
Le périmètre dépasse le moniteur de bureau. Il couvre tous les équipements dont la fonction principale est l'affichage, quelle que soit la technologie. Certains d'entre eux stockent aussi des données : un ordinateur tout-en-un est un écran avec un disque, et un écran interactif de salle de réunion embarque un système d'exploitation, des fichiers partagés et des identifiants de réseau. Ces appareils relèvent à la fois du recyclage des écrans et de l'effacement de données. Avant toute collecte de matériel informatique, il faut donc distinguer les écrans passifs des écrans qui contiennent une mémoire.
- Moniteurs de bureau LCD et LED, quelle que soit la taille
- Anciens moniteurs à tube cathodique encore stockés dans les réserves
- Ordinateurs tout-en-un : écran et unité centrale réunis, disque à effacer
- Écrans interactifs, tableaux numériques et écrans d'affichage dynamique
- Téléviseurs de salles de réunion et écrans de visioconférence
Réemploi ou recyclage : comment trier les moniteurs avant collecte
Un moniteur a une durée de vie utile bien supérieure à celle d'un ordinateur. Un écran de bureau fonctionnel, sans pixel mort ni rayure marquante, trouve facilement une seconde vie dans une autre organisation. La loi AGEC place le réemploi avant le recyclage dans la hiérarchie des modes de traitement, et cet ordre a un intérêt pratique : un écran réemployé évite la fabrication d'un écran neuf, ce qui pèse fortement dans le bilan RSE de l'opération. Le tri se fait sur des critères simples, vérifiables en quelques minutes par écran.
Testez chaque moniteur allumé sur un fond blanc puis un fond noir pour repérer les pixels morts, les zones sombres et les fuites de rétroéclairage. Vérifiez la présence du pied, des câbles d'alimentation et vidéo, et l'état des connecteurs. Notez la diagonale, la définition et les entrées disponibles : ces informations conditionnent la seconde vie de l'écran. Les écrans défaillants, fissurés ou trop anciens partent en recyclage. Les écrans fonctionnels sont conditionnés à part. Ce tri en amont est aussi ce qui permet, selon le lot, de réduire le coût global de la prestation, toujours au cas par cas.
Précautions de manutention et de conditionnement des écrans
Un écran est fragile et sa casse n'est pas anodine. Une dalle brisée peut libérer des éclats de verre et, sur les anciennes générations, des traces de mercure provenant des lampes de rétroéclairage. Les moniteurs se stockent et se transportent debout, dalle contre dalle ou séparés par du carton, jamais empilés à plat. Les palettes sont filmées et signalées. Un écran cassé est isolé dans un sac fermé, manipulé avec des gants, et signalé lors de la demande de recyclage pour être pris en charge dans les conditions prévues pour les déchets dangereux.
Sur site, la collecte s'organise selon l'accès : monte-charge, largeur des portes, stationnement du véhicule, horaires autorisés par l'immeuble. Les écrans sont comptés à l'enlèvement, si possible par numéro de série pour les modèles concernés par l'effacement de données. Cet inventaire contradictoire sert de base au BSD et aux justificatifs de fin d'opération. Pour un parc multi-sites, chaque site fait l'objet d'un enlèvement identifié afin que la traçabilité reste lisible agence par agence, y compris pour le rapprochement comptable des immobilisations.
Comment un écran est traité dans une filière DEEE agréée
Une fois collectés, les écrans rejoignent un centre de traitement agréé où tout commence par la dépollution, étape obligatoire pour ce flux dangereux : retrait des lampes à mercure, des condensateurs, des cartes électroniques et des câbles. Les tubes cathodiques sont séparés pour traiter le verre au plomb à part. Les dalles LCD sont démantelées pour récupérer les films, le verre et les métaux, dont l'indium présent dans certaines couches conductrices. Les plastiques sont triés par type, et les fractions contenant des retardateurs de flamme sont orientées vers un traitement spécifique plutôt que vers le recyclage matière.
Cette chaîne est documentée. Le certificat de traitement remis en fin d'opération atteste que le lot a été traité sur des installations autorisées, souvent certifiées selon une norme environnementale comme ISO 14001, et le BSD, signé à chaque étape sur la plateforme, prouve que le déchet a suivi le chemin annoncé. Ce sont ces documents, et non les déclarations d'intention, qui permettent à une entreprise de démontrer que son recyclage de matériel informatique respecte le code de l'environnement. Ils sont à conserver avec le registre des déchets.
Les justificatifs à obtenir après le recyclage des écrans
Un recyclage d'écrans correctement organisé se termine par un dossier complet. Il protège l'entreprise en cas de contrôle, alimente son rapport RSE et permet de sortir proprement les équipements de l'inventaire comptable. Nous organisons la prestation de bout en bout, de la collecte sur site à la remise des justificatifs, partout en France, en mono-site comme en multi-sites, à partir d'une dizaine d'équipements. Le devis est gratuit et établi au cas par cas, selon le volume, le type de matériel et le lieu de collecte. Voici les pièces que vous devez recevoir.
- Bordereau de suivi des déchets (BSD) émis et suivi via Trackdéchets pour chaque enlèvement
- Certificat de traitement précisant les quantités prises en charge et le mode de traitement
- Certificat d'effacement des données ou certificat de destruction pour les tout-en-un et les écrans interactifs
- Bilan RSE chiffré : CO2 évité, taux de réemploi, taux de valorisation matière
- Inventaire des écrans collectés, rapproché de votre sortie d'immobilisations
Les erreurs fréquentes à éviter avec les écrans en fin de vie
Trois erreurs reviennent dans les entreprises. La première consiste à stocker les écrans obsolètes pendant des années dans une réserve, où ils se dégradent et perdent toute valeur de réutilisation. La deuxième est de les confier à un collecteur de ferraille ou de les déposer en déchetterie avec le reste, sans BSD ni certificat : l'entreprise reste responsable du devenir de ces déchets. La troisième est d'oublier les données des tout-en-un et des écrans interactifs, traités comme de simples moniteurs alors qu'ils contiennent un disque ou une mémoire à effacer avant toute sortie du parc.
Les écrans concentrent les exigences du recyclage informatique : classement en DEEE dangereux, BSD sur Trackdéchets, dépollution obligatoire, manutention soignée et réemploi à privilégier quand ils fonctionnent. Un tri en amont et une collecte tracée transforment cette contrainte en opération simple. Pour faire enlever vos écrans et moniteurs avec tous les justificatifs, faites une demande de recyclage : réponse sous 24 heures.
Questions fréquentes
Un écran d'ordinateur est-il un déchet dangereux ?
Oui. Les écrans et moniteurs relèvent des DEEE dangereux, sous le code déchet 16 02 13*, en raison des composants qu'ils contiennent : plomb dans le verre des tubes cathodiques, mercure dans les lampes de rétroéclairage des anciens LCD, cartes électroniques, retardateurs de flamme. Leur enlèvement exige un bordereau de suivi des déchets sur Trackdéchets et un traitement dans une filière agréée.
Peut-on jeter un vieux moniteur avec les déchets de l'entreprise ?
Non. Le code de l'environnement interdit de mélanger les DEEE aux déchets ordinaires, et l'entreprise reste responsable de ses déchets jusqu'à leur élimination finale. Un moniteur doit être collecté séparément, accompagné d'un BSD, et traité dans une filière DEEE agréée. Le manquement expose à des sanctions pour gestion illégale de déchets. La bonne pratique est une collecte dédiée avec certificat de traitement.
Faut-il effacer des données avant de recycler un écran ?
Pour un moniteur classique, non : il ne contient aucun support de stockage. En revanche, un ordinateur tout-en-un, un écran interactif de salle de réunion ou un écran d'affichage dynamique embarquent un disque ou une mémoire interne avec des fichiers, des identifiants et des paramètres réseau. Ces équipements doivent faire l'objet d'un effacement de données certifié ou d'une destruction de disque dur avant leur sortie du parc.
Du matériel informatique à recycler ?
Deux questions, une proposition sous 24 h, collecte partout en France.


