Que contient un ordinateur : les matières récupérées au recyclage
Un ordinateur en fin de vie est une petite mine : acier, aluminium, cuivre, or, cobalt, terres rares. Ce que le recyclage récupère, comment il le fait, et pourquoi il ne remplacera jamais le réemploi.

Un ordinateur, une petite mine urbaine
On parle de mine urbaine pour désigner les matières contenues dans les équipements en fin de vie. Un ordinateur en est un bon exemple : il réunit dans quelques kilos une grande variété de matériaux, dont certains sont rares, coûteux à extraire et indispensables à l'industrie. Les récupérer évite d'ouvrir de nouvelles mines et réduit la dépendance aux importations.
Encore faut-il que l'ordinateur arrive dans une filière capable de séparer ces matières. Un appareil oublié dans un local, jeté avec les déchets ordinaires ou exporté illégalement ne rend rien. Le recyclage de matériel informatique en filière DEEE agréée est la condition pour que cette mine urbaine soit réellement exploitée.
La même logique vaut pour les autres équipements de l'entreprise. Les smartphones, dont la carte électronique représente une part plus importante du poids, concentrent davantage de métaux précieux par kilo qu'un ordinateur de bureau. Les serveurs, eux, contiennent beaucoup d'acier, d'aluminium et de cuivre. Chaque famille d'équipements a sa propre composition, et donc son propre intérêt pour le recyclage.
Ce qui compose un ordinateur, matière par matière
La composition varie selon le type d'appareil, la marque et la génération, mais on retrouve toujours les mêmes grandes familles. Les plastiques et les métaux de structure représentent l'essentiel du poids ; les matières les plus précieuses, elles, ne pèsent que quelques grammes.
Cette répartition explique pourquoi le poids d'un lot dit peu de sa valeur matière : quelques kilos de cartes électroniques peuvent contenir davantage de métaux précieux qu'une tonne de châssis métalliques.
- Plastiques : coques, claviers, pièces internes
- Acier : châssis, boîtiers d'unités centrales, supports
- Aluminium : coques de portables, dissipateurs
- Cuivre : câbles, connecteurs, pistes des circuits
- Verre : écrans
- Métaux précieux et critiques : cartes, batteries, aimants
Les cartes électroniques : peu de poids, beaucoup de valeur
La carte mère, les barrettes de mémoire et les autres circuits imprimés concentrent les métaux précieux de l'ordinateur : or sur les connecteurs et dans certaines puces, argent dans des contacts et des soudures, palladium dans certains composants, cuivre dans les pistes. S'y ajoutent de l'étain, du nickel et de petites quantités d'autres métaux. C'est la fraction la plus valorisable d'un lot de déchets électroniques.
Ces métaux ne se récupèrent pas par simple démontage. Les cartes sont séparées du reste, puis confiées à des affineurs qui, par des procédés métallurgiques et chimiques, extraient l'or, l'argent, le palladium et le cuivre. Ces installations industrielles traitent de grands volumes sous des contrôles environnementaux stricts. Toute extraction artisanale, par brûlage ou bains d'acide improvisés, est à la fois dangereuse et illégale.
Batteries, écrans, disques : des matières stratégiques
La batterie d'un ordinateur portable contient du lithium et, selon sa technologie, du cobalt, du nickel et du graphite. Plusieurs de ces matières figurent sur la liste des matières premières critiques de l'Union européenne. Les batteries sont retirées dès la dépollution et orientées vers une filière spécialisée, qui récupère ces métaux pour de nouvelles batteries ou d'autres usages.
Les disques durs magnétiques contiennent des aimants aux terres rares, comme le néodyme, et les écrans plats renferment de l'indium dans leur couche conductrice. Ces matières sont présentes en très petites quantités par appareil, et leur récupération reste techniquement difficile. C'est l'un des arguments les plus forts en faveur de la prolongation de la durée de vie des équipements.
Les écrans plats d'anciennes générations, rétroéclairés par des lampes fluorescentes, contiennent en outre du mercure. Ces lampes sont retirées lors de la dépollution, avant tout broyage, pour éviter de disperser ce métal toxique. C'est l'une des raisons pour lesquelles les écrans sont souvent traités comme un flux à part, avec un bordereau de suivi des déchets.
Comment les matières sont séparées
Le traitement commence par la dépollution : retrait des batteries, des condensateurs et des autres composants dangereux, qui suivent leurs propres filières. Vient ensuite le démantèlement, manuel ou mécanique, qui sépare les grandes pièces : cartes électroniques, câbles, disques, écrans. Plus ce tri est fin, meilleure est la qualité des matières récupérées.
Le reste est broyé, puis les fractions sont séparées par différents procédés : aimants pour les métaux ferreux, courants de Foucault pour l'aluminium et le cuivre, tri par densité ou tri optique pour les plastiques. Chaque fraction rejoint ensuite une installation spécialisée : aciérie, fonderie d'aluminium, affineur de métaux précieux, recycleur de plastiques. Le recyclage informatique est donc une chaîne d'industries, pas une seule opération.
Le tri des plastiques est particulièrement délicat. Certains contiennent des retardateurs de flamme bromés, ajoutés pour limiter les risques d'incendie, qui doivent être séparés et ne peuvent pas être recyclés avec les autres plastiques. La réglementation européenne sur les DEEE impose d'ailleurs de retirer ces plastiques des déchets collectés. C'est l'une des raisons pour lesquelles le taux de recyclage des plastiques reste inférieur à celui des métaux.
Ce que le recyclage ne récupère pas
Même dans une filière performante, une partie des matières est perdue. Les métaux présents en très faibles quantités, dispersés dans des alliages ou des composants complexes, ne sont pas toujours récupérables à un coût raisonnable. Certains plastiques, mélangés, chargés en retardateurs de flamme ou trop dégradés, ne peuvent pas être recyclés et sont valorisés en énergie ou éliminés.
Le recyclage consomme aussi de l'énergie et des ressources : transport, broyage, affinage. Il reste indispensable pour ce qui ne peut plus servir, mais il ne restitue jamais la totalité de ce qu'a coûté la fabrication. C'est pourquoi le réemploi d'un ordinateur encore fonctionnel, après un effacement de données certifié, préserve bien davantage de matières que son recyclage.
Ce que l'entreprise peut faire pour maximiser la récupération
L'entreprise ne traite pas elle-même ses équipements, mais ses choix influencent directement la quantité de matières récupérées. Le premier levier est de réemployer tout ce qui peut l'être. Le second est de remettre les appareils hors d'usage complets, sans démontage improvisé qui disperse les composants et peut endommager les batteries.
Le troisième levier est documentaire : un bilan RSE qui distingue réemploi, recyclage et valorisation, avec des tonnages par type de matière quand ils sont disponibles, permet de suivre les progrès d'une opération à l'autre. Pour un lot qui mêle équipements réemployables et appareils hors d'usage, une collecte de matériel informatique unique oriente chaque appareil vers la bonne destination.
- Réemployer en priorité les appareils fonctionnels
- Remettre les appareils hors d'usage complets
- Ne pas démonter soi-même batteries et cartes
- Choisir une filière DEEE agréée
- Demander un bilan par type de traitement
Un ordinateur contient des métaux courants, des métaux précieux et des matières critiques que le recyclage sait en grande partie récupérer, après dépollution, broyage et affinage. Mais une partie se perd toujours : réemployer d'abord, recycler ensuite reste la règle. Pour orienter chaque appareil vers la bonne destination, faites une demande de recyclage.
Questions fréquentes
Quels métaux trouve-t-on dans un ordinateur ?
Surtout de l'acier et de l'aluminium pour la structure, du cuivre dans les câbles et les circuits, et de petites quantités de métaux précieux (or, argent, palladium) dans les cartes électroniques. La batterie contient du lithium et souvent du cobalt ou du nickel, et les disques durs des aimants aux terres rares. Les proportions varient selon le type d'appareil.
Peut-on récupérer l'or des ordinateurs ?
Oui, mais uniquement à l'échelle industrielle. Les cartes électroniques sont séparées puis confiées à des affineurs qui extraient l'or, l'argent, le palladium et le cuivre par des procédés métallurgiques contrôlés. Les quantités par appareil sont faibles. Les extractions artisanales, par brûlage ou par acides, sont dangereuses et interdites.
Pourquoi réemployer un ordinateur plutôt que le recycler ?
Parce que le recyclage ne récupère jamais toutes les matières et consomme lui-même de l'énergie, alors qu'un ordinateur réemployé conserve l'intégralité de ce qu'a coûté sa fabrication. Après un effacement certifié des données, un appareil fonctionnel peut servir plusieurs années de plus. Le recyclage reste la solution pour ce qui ne peut plus servir.
Du matériel informatique à recycler ?
Deux questions, une proposition sous 24 h, collecte partout en France.


